PROJET LOGEMENT
Intentions de projet
Situé dans un contexte particulier, appartenant à Vandoeuvre et presque à Nancy-même, le site de l’avenue du Général Leclerc a une position intéressante, à mi-chemin entre la « cuvette » du centre et les hauteurs de Brabois. De fait, des vues vers ces deux pôles sont facilement dégagées. On dénote aussi différences échelles dans les habitations alentours : les maisons de villes, les deux barres et la tour de 16 étages. Un premier enjeu est donc de lier ces échelles.
Il existe plusieurs polarités, celle du rond point du Vélodrome, centrifuge, celle du quartier, centripète, avec des commerces. De par sa situation, le site du projet génère un deuxième enjeu de polarité centripète, pour lier les différents tissus, mais aussi centrifuge avec l’arrêt de tram. L’enjeu est également sur la question des cheminements piétonniers sur ce territoire et des vues dégagées. Une diagonale visuelle se dégage très aisément après lecture du site, un axe Nord-Sud, depuis la rue et entre une des barres et la tour.
Ma réponse d’insertion urbaine est un volume suspendu, relativement perméable à la vue en rez-de-chaussée sous lequel glisse un socle, socle de même hauteur que celui de la tour. En prolongeant cette ligne, on obtient une horizontalité qui désenclave le cheminement à travers le socle existant et un belvédère sur le jardin plus important. Ce socle majore également une zone, en relation avec la rue et hiérarchise le cœur d’îlot. Il s’infléchit vers le niveau de la rue dans le jardin pour permettre une circulation plus douce. En rez-de-chaussée, à proximité, se trouvent un café et une librairie, de plain-pied sur les deux niveaux.
Le volume soulevé, en porte à faux à l’extrémité Nord, met en valeur la diagonale Nord-Sud et l’espace compressé entre la tour et le projet met en valeur la diagonale Est-Ouest.
L’assemblage génère deux types d’accès, l’accès via une coursive qui désert un corps de bâtiment constitué par les duplex, un T5 plat et un petit studio, et un accès traditionnel par cage d’escaliers qui désert un T5 plat et un T3 à chaque étage. L’intérêt de cet assemblage est de briser un systématisme et une monotonie dans les accès mais aussi d’offrir une plate-forme donnant des vues : la coursive s’insère dans le vide entre les deux bâtiments et profite de cadrages intéressants.
Les deux typologies de logements principales qui ont été développées à l’occasion de ce projet sont : un simplex T3 et un duplex T4 (éventuellement T5)
Le simplex (qui a posé la base de la réflexion) a été pensé sur l’idée de générer un logement intéressant sur une trame économique (6m40), de réussir à amener la lumière et de travailler sur la profondeur. Le concept de base est de réussir à régler les espaces et leur relation grâce à une épaisseur de 60 cm correspondant à des meubles et parfois à des parois extérieures, toujours menuisées. Cette épaisseur permet d’amener des diagonales notamment entre la cuisine et le salon mais aussi des compressions et des dilations : cette épaisseur disparaît pour agrandir l’espace. Les loggias de par et d’autre permettent d’offrir un espace extérieur à chacune des chambres, qui se trouvent disposées en diagonale, et des pièces communes.
Le fonctionnement du duplex diffère légèrement du simplex du fait de la modification de la place de l’entrée, due à la coursive. En effet, l’entrée se fait là où se trouve la cuisine sur le simplex et de fait elle se trouve déplacée de l’autre coté du logement en relation plus directe avec le salon et la salle à manger. L’escalier et sa double hauteur prennent place dans le salon et permettent de créer une verticalité, accusée par l’horizontalité de l’espace cuisine- espace repas. Une grande chambre et une petite chambre se trouvent à l’étage où une petite terrasse demeure, mettant en relation une diagonale « spatiale » visible dans la coupe.
(c)Ludmilla Cerveny