ludmilla

cerveny

Familiar Strangers, 2015

 

Photographies et cartographies vectorielles.

 

Quelque chose d’a priori étranger - un individu inconnu, un lieu inconnu - peut parfois résonner et devenir étrangement familier. Le projet Familiar Strangers questionne ces deux notions, mises naturellement en dialectique, et leur donne corps à travers douze portraits n'ayant pas de lien apparent. Le fil reliant ces personnes n’est autre que moi : ce sont des personnes que j’ai connu enfant, avec qui j’ai joué, avec qui j’ai parlé et qui, perdus de vue depuis de nombreuses années, ont construit leur vie de différentes manières. Ils composent tous une partie de mon passé mais ne font plus partie de mon présent. Ils sont une partie de moi, et en ce sens ils dessinent un autoportrait en creux, chacun incarnant une facette de mon histoire. Familiar Strangers est donc aussi un prétexte pour effectuer une coupe sur divers paradigmes (la ville, la campagne, la surburbia, etc). Le tout cherche à extraire l’idée d’un familier «générique» mais en frottement avec l'idée d’inconnu, d’inconfort, de non maîtrisé.

 

La rencontre après tant d’années de silence a donné lieu à chaque fois à une promenade, dans un lieu choisi par la personne, où l’enjeu est de fouiller les souvenirs, les réminiscences et de s’apprivoiser – en tant qu’inconnus actuels – à nouveau. Les photographies cherchent à produire un corpus de recherche : documenter au plus près la rencontre avec le sujet/ la personne. Mises côte à côte, elles se répondent, se renvoient dos à dos et forment portrait. Pour chacun des "familiar stranger", une cartographie du territoire parcouru est adjointe à l’ensemble pour permettre une lecture plus riche : changement de référentiel et renvois multiples.

 

Ici le rapport de l’individu au lieu, au topos, est directement questionné : le premier tisse avec le deuxième des relations complexes et construit son identité / paradigme propre à travers lui.

 

Ce projet a reçu l’aide de la DRAC Lorraine en 2014.

© Ludmilla Cerveny