ludmilla

cerveny

Labyrinthe 02, séquence de 22 images de synthèse, boucle, 2016.

 

C'est une errance infinie, douloureuse, partant du gris (le gris texte ?) pour rencontrer un espace blanc, neutre, sans épaisseur, aveugle sur son contexte, blanchotien1, qui est le centre d'une sorte de labyrinthe de pièces, de portes et de fenêtres, pour arriver sur un blanc contemplatif, un brouillard granuleux.

 

 

1. "Tel est sans doute le rôle que jouent, dans presque tous les récits de Blanchot, les maisons, les couloirs, les portes et les chambres : lieux sans lieu, seuils attirants, espaces clos, défendus et cependant ouverts à tous les vents, couloirs sur lesquels battent des portes ouvrant des chambres pour des rencontres insupportables, les séparant par des abîmes au-dessus desquels les voix ne portent pas, les cris eux-mêmes s'assourdissent ; corridors qui se replient sur de nouveaux corridors où, la nuit, retentissent, au-delà de tout sommeil, la voix étouffée de ceux qui parlent, la toux des malades, le râle des mourants, le souffle suspendu de celui qui ne cesse pas de cesser de vivre ; chambre plus longue que large, étroite comme un tunnel, où la distance et l'approche - l'approche de l'oubli, la distance de l'attente - se rapprochent l'un de l'autre et indéfiniment s'éloignent."

 

— La pensée du dehors, Michel Foucault, Fata Morgana,  p 24 - 25

© Ludmilla Cerveny