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cerveny

Passages, exposition avec Lucie Liénard et Julien Rubiloni à l'espace Le Maga (2016, Bruxelles)

 

Chaque matin, nous franchissons un passage en nous réveillant, en glissant du monde du rêve à l’état de veille. Nous expérimentons alors un seuil, un entre-deux qui mène d’un état à un autre. Et chaque soir, en sens inverse, nous glissons de l’état de veille à un état de semi conscience puis à l’état d’inconscience, d’où les rêves pourront émerger, se développer. Un passage est donc un intérieur pur, un couloir (qui relie deux espaces, qu’ils soient états mentaux ou lieux physiques) mais aussi une maison : si l’on s’y arrête, on vit alors l’expérience d’une fantasmagorie, un rêve à demi-éveillé.

 

Ce que nous proposons ici - dans ce long espace découpé en plusieurs volumes - c’est l’expérience d’un passage : celui du dehors au dedans, de la rue à l'espace clos, de l’état d’éveil à l’état de rêverie. Plutôt qu’une juxtaposition de pièces qui ferait figure d’exposition, nous proposons une séquence, une progression : de l’extériorité vers l’intériorité, de l’espace publique vers l’espace privé, du collectif vers l’individu (entendu ici comme la personne). Il est alors question de se laisser porter, par les eaux passantes de Lucie Liénard, par les parois flottantes de Julien Rubiloni ou encore de se laisser happer par les rêveries architecturées de Ludmilla Cerveny.

 

Ainsi depuis la rue se profile plan par plan, par degré d’intériorité, en ramassé, l’ensemble des pièces qui forment alors un tout.