ludmilla cerveny
résistance série photographique en cours

A la simple énonciation de ce mot, quelque chose se tend en nous. Pourquoi ce mot rend l’image qu’il légende si tirée, presque inquiétante ? Dès lors on se met à chercher dans ces images ce qui nous résiste et quelques suppositions s’ébauchent : des fenêtres et des volets fermés, des intérieurs énigmatiques, une végétation faussement sauvage, façonnée puis oubliée, un silence général.

 

Habiter une ville moyenne en 2019, c’est être régulièrement confronté à la notion de résistance: résister à l’attraction de la métropole la plus proche, résister aux voitures et à l’ennui, résister aux logiques de périurbanisation mais aussi observer la persistance : celle des espaces en friche, anciennes fabriques, maisons ou patrimoine abandonnés et celle plus ample et douce de la nature.

 

Mais même si tout processus de changement parait imperceptible et lent, il n’en est pas moins réel, tel le verre qui à l’état solide reste un liquide et coule avec une lenteur centenaire.

 

Ainsi tout change, tout n’est question que d’échelle de temps et la résistance s’amoindrit pour devenir résilience, de tension en souplesse.

© 2010-2019 Ludmilla Cerveny