ludmilla

cerveny

Vittel*, 72 photographies couleur, 5 cartographies, un texte, 2011 - 2015

 

Là sous la terre, à quelques mètres de profondeur, une nappe phréatique pleine, non pas une grotte qui hébergerait un lac mais une masse rocheuse, gorgée d’eau comme une éponge.

 

Là sur la terre, des maisons reposant paisiblement sur ce sol, parsemant le paysage, comme gonflant leurs racines de cette eau sacrée.

 

C’est une campagne, mais urbaine: faite de béton craquelé par la pluie et le gel, de lampadaires comme autant de pleines lunes, de gazon fraîchement tondu, de villas.

 

Vittel est un grand jardin ponctué de maisons, de maître comme ouvrières. Ni ville ni village, elle semble être une apparition, un mirage d’objets construits dans une nature foisonnante - un petit désert vert où le silence est plein de chants d’oiseaux et d’un drame sourd, pourtant sans intrigue ni climax. Rien, ou pas grand chose, peut-être le vent dans les thuyas.

 

Et pourtant en sous-sol, cachée, captive, silencieuse, tapie dans du grès millénaire, cette eau devenue minérale est débusquée, extraite, ramenée à la lumière pour être distribuée, vendue.

 

Ces photographies de Vittel, claires, surexposées, comme immédiatement données, semblent pourtant résister : elles ne livrent rien, sinon des indices de ce secret souterrain. Quelque chose reste latent, comme prêt à surgir, à fabriquer du drame, à provoquer un événement.

 

 

* Voir expositions en 2015 au parc de la Bienfaisance à Vittel et en 2014 à la galerie My Monkey à Nancy.

 

+ Edition d'un livre contenant un texte et de l'ensemble du corpus.