ludmilla

miroir
2016

Deux maisons se font face autour d’un lac à l’eau sombre et immobile. Architecturalement miroir l’une de l’autre, l’une est opaque : son intérieur “résiste”, l’autre est ajourée : son intérieur est lisible. Nous parcourrons, à l’infini, vers l’avant puis vers l’arrière, l’espace entre ces deux maisons et leur intérieur respectif.

Dans ce diaporama, l’habiter est problématique : à la fois possible (la maison « fermée », comportant des murs) et impossible (la maison ouverte, à l’air libre). La première montre une vie probable, couverte, protégée car cachée et la deuxième s’expose, montre son intérieur et propose donc une vie infernale, impossible.

Ces maisons semblent n’abriter personne, ou plutôt qu’elles-mêmes : chacune devient alors un personnage et le balancement du diaporama, un dialogue entre les deux.

Cette pièce a été montrée pour la première fois lors d’une exposition collective à la galerie du Granit à Belfort en 2016 sur invitation de l’artiste Corentin Grossmann et lors d’une exposition collective à Bruxelles en 2017 sur invitation de l’architecte Julien Grévérend.

Maison 07 (still), boucle vidéo avec bande sonore de 9’53’’ à partir d’images de synthèse, 2017.

safe as houses
2017 – 2018

Une maison se dresse sur un désert, bancale et singulière. Résistant à ce dehors infini, gigantesque et minuscule, surveillant toutes les directions, elle s’offre comme forteresse imprenable et seul repli possible, espace centré d’où tout diverge.

Son intérieur s’avère être d’une inquiétante étrangeté, protecteur mais incongru, à la limite du dysfonctionnel, où une présence fantomatique se déplace, nous fuyant ou nous guidant.

Dans cette fiction architecturale, l’espace et le temps sont fragmentés, étirés jusqu’à être désarticulés, en ruines, nous plongeant dans une douce et étrange rêverie.

Tout est expérience de l’espacement, partage du sensible, mise en abîme, où l’habiter est questionné et la maison convoquée comme manière d’être au monde et manière de faire des mondes.

Centre (Maison 07), image de synthèse imprimée sur papier Hahnemühle Photo Rag Ultra Smooth 305g contrecollée sur Dibond 2mm et encadrée, 67×50 cm, 2017.
Vue d’exposition à la galerie Le Lieu Minuscule à Reims, 2017.

Vue d’exposition à la galerie Le Lieu Minuscule à Reims, 2017.
Vidéo de 9’53 (extraits)
Plan de l’exposition à la galerie Le Lieu Minuscule à Reims, 2017.
Ruines, dessin filaire au posca, rideau de laine, dimensions variables, 2017. Vue d’exposition, Le Lieu Minuscule, Reims.
Image extraite de la vidéo.
Image extraite de la vidéo.
Vue de l’exposition galerie Raymond Banas M.C.L Metz 2018.
Coupe 02 (Maison 07), image de synthèse imprimée sur papier Hahnemühle contrecollée sur Dibond, 30×30 cm, 2018.
Explosion (Maison 07, étape 01), image de synthèse imprimée sur papier Hahnemühle contrecollée sur Dibond, 60 x 60cm, 2018
Explosion (Maison 07, étape 02), image de synthèse imprimée sur papier Hahnemühle contrecollée sur Dibond, 90 x 90cm, 2018.
Ruines, dessin filaire brodé, rideau de laine, dimensions variables, 2018.

Bibliographie SAFE AS HOUSES

ANDREOTTI, Libero. Spielraum : W. Benjamin et l’architecture. Paris : La Villette, 2011, 344 pages.
BACHELARD, Gaston. La Terre et les rêveries du repos. Paris : Corti, 2010 (1ère éd. 1946), 384 pages. Collection Les Massicotés.
BACHELARD, Gaston. La poétique de l’espace. Paris : PUF, 2012 (1ère éd. 1957), 216 pages.
BARTHES, Roland. Comment vivre ensemble. Cours et séminaires au Collège de France (1976 -1977). Texte établi, annoté et présenté par Claude Coste. Paris : Seuil traces écrites, 2002, 258 pages.
BRAYER, Marie-Ange. La maison : un modèle en quête de fondation. In : Exposé, revue d’esthétique et d’art contemporain, 2003, volume 1, n°3 la maison, p 8 – 69.
BUZZATI, Dino. Le Désert des Tartares. Paris : Le Livre de Poche, 1973 (1ère éd.1940), 242 pages.
CHOLLET Mona, Chez soi, Une odyssée de l’espace domestique, Paris : Editions Zones, 2015, 330 pages.
DELEUZE Gilles, GUATTARI Félix. Mille plateaux. Tome II Capitalisme et schizophrénie. Paris : Minuit, 2013 (1ère éd. 1980), 648 pages.
DIDI-HUBERMAN, Georges. La demeure, la souche, apparentements de l’artiste. Paris : Editions de Minuit, 2015 (1ère éd. 1999), 184 pages.
GOETZ Benoît. Théorie des maisons, l’habitation, la surprise. Lagrasse : Verdier, 2011, 224 pages.
HAMON, Philippe. Expositions, littérature et architecture au XIXème siècle. Paris : Corti, 1989, 200 pages.
HEJDUK, John. The Lancaster / Hanover Masque. Londres : Architectural Association / Centre Canadien d’Architecture, 1992, 104 pages.
LUCAN, Jacques. Composition, non – composition. Architecture et théories, XIX-XXème siècles. Lausanne : Presses polytechniques et universitaires romandes, 2009 (réimpression 2010, 2011, 2013), 608 pages.
PAQUOT Thierry, YOUNES Chris. Le territoire des philosophes, Lieu et espace dans la pensée du XXème siècle. Paris : La Découverte, 2013 (1ère éd. 2009), 391 pages. Collection Armillaire.
POE, Edgar Allan. Nouvelles histoires extraordinaires. Paris : Gallimard ; 2006, 374 pages. Collection folio classique.
PROUST, Marcel. A l’ombre des jeunes filles en fleurs. Tome II À la recherche du temps perdu. Paris : Le Livre de Poche, 1971 (1ère éd. 1914), 549 pages.
PROUST, Marcel. Du coté de chez Swann. Tome I À la recherche du temps perdu. Paris : Gallimard, 1975 (1ère éd. 1914), 549 pages. Collection folio.

familiar strangers
2013 – 2015

Familiar Strangers est un projet photographique portraiturant des individus étrangers – dans le présent – mais qui me sont familiers – par le passé. Si dans Profils je documentais photographiquement mes rencontres avec des inconnus d’Internet, dans Familiar Strangers, j’utilise Internet pour reprendre contact avec des personnes que je n’ai pas vu pour la plupart depuis plus de dix ans. C’est la première étape du projet : établir un lien nouveau avec ces personnes et dresser un premier bilan. Nous étions enfants à la même époque, nous avons vécu des moments ensemble, nous avons appris des choses au même moment.

Ce qui a motivé l’amorce de ce projet, c’est la constatation que des écarts conséquents concernent nos choix de vies ou d’avenir : tous ces «étrangers familiers» ne construisent pas la même vie et c’est cette pluralité qui m’a intéressée tout d’abord.

Ce projet cherche donc à poser un regard sur l’entrée dans la vie adulte, dans la vie des responsabilités et du fait de la proximité des âges des personnes présentées, c’est également une coupe sur une génération, la mienne, et une simili étude sociologique.

Le projet s’articule autour d’une sérialité de documents – dont les portraits sont le fondement – qui par leur juxtaposition créent une narration suspendue, la « suite » étant à la charge de l’imaginaire du spectateur. Les portraits deviennent comme des extraits d’un film (stills) dont la personne emplit le cadre, le contexte urbain ou paysager de l’arrière-plan renseignant implicitement sur sa vie.

Le projet Familiar Strangers a reçu l’Aide Individuel à la Création de la DRAC Lorraine en 2014.

Theatrum mundi (image de synthèse), 106 x 80 cm, tirage Ilford contrecollé sur dibond 3mm, 2016. Vue de l’exposition “Passages” à Le Maga, Bruxelles, 2016.

theatrum mundi
2015 – 2016

Theatrum mundi est un agencement d’espaces énigmatiques, entre théâtre, tribunal, agora et maison qui prend la forme d’une série de pièces.

Ces « lieux » aux matérialités différentes se répondent et forment un monde énigmatique, suspendu, où l’habiter semble problématique, à la fois possible et impossible.

L’absence (de présence, de référentiel temporel) interroge leur statut et plonge le spectateur dans une rêverie : tandis que l’on cherche la trace de présence humaine dans cette montagne hiératique, notre regard se reporte sur ces petites machines à habiter où l’on cherche où loger son corps.

Les différents éléments esquissent dans notre esprit un paradigme intrigant : un théâtre sans échelle, grandiose et minuscule.

Theatrum mundi, plateau de 180 x 122 x 20 cm, balsa, laiton, encre de chine, plâtre, feutrine, peinture acrylique, panneau MDF, 2015.
Sans titre 04 , photographie issue d’un négatif scanné, 42 x 28 cm, impression jet d’encre sur papier Fuji Matbond 230 gr, 2015.
Projections (Theatrum mundi), image de synthèse projetées mur blanc, 2016.
Projections (Theatrum mundi), image de synthèse projetées mur blanc, 2016.
Theatrum mundi (image de synthèse), 106 x 80 cm, tirage Ilford contrecollé sur dibond 3mm, 2016. Vue de l’exposition “Passages” à Le Maga, Bruxelles, 2016.

Work
2019

Disponible à la Librairie Quantin (Lunéville), sur le MOOKshop et à la librairie LAME.

BLANK
Nijinski, Bruxelles
En duo avec Julien Rubiloni
2016

la présente
2010 – 2020

Dans mon travail de portrait et aux origines de mon intérêt pour la photographie, il y a un attrait pour le dialogue avec les personnes, une recherche d’altérité et d’échange.

Je suis très attentive aux personnes que je photographie, la séance se déroulant dans un dialogue continu, permettant de nous mettre en confiance mutuellement. N’étant pas pas plus à l’aise derrière l’appareil que la personne qui se trouve devant, ensemble nous tissons des liens qui consolide la relation.

Ces photographies ont été prises il y a certain temps, pour certaines une dizaine d’années, alors que j’étais étudiante en architecture à Nancy.

J’ai toujours pensé que je reviendrai à mes archives pour en faire quelque chose. Autre chose que ce que j’en avais fait à l’époque. Laissant le temps passer pour décanter les émotions, pour laisser les personnes derrière ces visages changer, évoluer. En retournant dans ces archives et en les réactivant autrement, en les confrontant à des paysages issus d’autres archives, époques et lieux différents, je tente de fabriquer un dialogue poétique.

Ces paysages ont été choisis en fonction de ce que les personnes m’avaient raconté de leur histoire, de leurs origines avec bien sûr une projection de ma part ou tout du moins un imaginaire.

III cellules
2017-2019

(ENG below)

J’ai dessiné des espaces problématiques (pas de porte d’entrée, pas de plafond/toiture) évoquant peut-être des boites à chaussures pour souris de laboratoire mais séduisantes et ludiques : des rideaux pour se cacher, une baignoire en creux pour mijoter, une circulation circulaire pour tourner à l’infini.

Ces trois cellules au plan tournant sont trois variantes selon une même logique (aligner la porte avec la fenêtre qui lui fait face) dont chacune propose quatre espaces pour une seule personne, quatre pièces aux proportions identiques (3x3x3m) mais aux usages différents.

Monacales et bancales, ces cellules aux pièces mal agencées et mal proportionnées renvoient vers l’extérieur, dans un mouvement centrifuge et amènent le regardeur à s’en extraire tant bien que mal, à s’ouvrir sur un horizon inconnu.